Europe
Les actions européennes ont à nouveau plongé en octobre, sous l'effet des
craintes liées à la viabilité du système financier. La Banque centrale
européenne a continué à injecter des liquidités sur le marché et a réduit son
taux d'intérêt pour la première fois depuis 2003. Toutefois, seule l'initiative
concertée des gouvernements dans le but de restaurer la confiance des
investisseurs dans les banques a fini par apaiser les marchés. Les craintes à
l'égard de la crise ont vite été remplacées par des inquiétudes au sujet des
futurs bénéfices des entreprises, dans la perspective d'une récession qui
pourrait être très prononcée. Les signes de détérioration rapide de l'économie
se sont accumulés tout au long du mois : la croissance du PIB de la zone euro
est ressortie à -0,2 % au troisième trimestre, en raison de la baisse des
dépenses des entreprises et des ménages, et les ventes de détail en Allemagne
ont cédé 2,3 % en août. Cependant, les marchés se sont redressés en fin de
mois, enregistrant leur plus forte hausse hebdomadaire depuis 2001.
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| FTSE Europe ex UK | -14,88% | -14,53% | -22,84% | -15,31% |
Etats-Unis
Le marché boursier américain a enregistré de lourdes pertes, les
investisseurs continuant à s'inquiéter de l'état du système financier. Les
observateurs pronostiquaient la plus forte baisse mensuelle de toute l'histoire
des marchés jusqu'à la dernière semaine d'octobre, où un rebond a permis
d'atténuer les pertes. Pendant la première moitié du mois, les marchés ont
évolué au gré des craintes persistantes à l'égard de la viabilité du secteur
bancaire. Les banques centrales ont continué à injecter des milliards dans le
système financier et ont procédé à une réduction coordonnée de leurs taux
d'intérêt de 50 points de base. Le principal évènement susceptible de restaurer
la confiance a été la rencontre des ministres des finances et des responsables
des banques centrales du G7 en milieu de mois. Ces derniers ont pris une
nouvelle série de mesures pour contrer la crise, notamment des injections de
capitaux dans les banques pour les empêcher de faire faillite. Même si ces
initiatives répondaient en apparence aux inquiétudes des marchés, les actions
ont continué à chuter sur fond de craintes à l'égard de la récession et de son
impact sur les résultats des entreprises. Les statistiques publiées sur le mois
ont annoncé une période très sombre : l'économie s'est contractée de 0,3 % au
troisième trimestre sous l'effet de la réduction des dépenses des ménages et de
la hausse du chômage à 6,1 % de la population active, tandis que les ventes de
détail ont reculé de 1,2 % en septembre. Toutefois, les marchés ont amorcé une
reprise dans les derniers jours d'octobre.
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| S&P 500 | -8,21% | -7,84% | -16,80% | -16,80% |
Royaume-Uni
La Bourse de Londres a également enregistré des replis marqués en octobre,
les marchés internationaux continuant à pâtir des évènements de septembre.
Malgré les efforts continus de la Banque d'Angleterre pour maintenir la
liquidité du marché britannique (injection de plusieurs milliards dans le
système, baisse des taux d'intérêt de 50 pb), ce dernier a poursuivi sa chute.
Bien que l'inflation soit restée élevée, à 5,2 % en septembre, le consensus a
largement tablé sur une baisse des prix imminente. Parallèlement, le
gouvernement a renfloué plusieurs grandes banques comme RBS et Lloyds à hauteur
de 87 milliards de livres. Ces sauvetages étaient toutefois assortis de
conditions : l'État a pris des participations dans chacun de ces groupes et a
imposé la présence de représentants dans les conseils d'administration. La
panique n'a pas quitté les marchés jusqu'à ce que les pays du G7 s'accordent
sur un programme coordonné de prise de participation dans les banques des
principales économies pour garantir la survie des groupes financiers. Malgré
l'effet en apparence apaisant de ces mesures, les marchés se sont laissé gagner
par des craintes relatives à l'économie et aux bénéfices des entreprises, suite
à la publication de résultats et de statistiques médiocres sur le front du
marché du logement, du sentiment des ménages et de la production
manufacturière. La livre a été pénalisée par ce contexte de plus en plus morose
et s'est nettement dépréciée. L'annonce de la contraction de 0,5 % de
l'activité économique au troisième trimestre a renforcé les inquiétudes.
Toutefois, l'aversion au risque s'est atténuée en fin de mois, permettant aux
marchés actions de se redresser légèrement.
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| Toutes actions FTSE | -11,90% | -11,54% | -20,14% | -11,90% |
Japon
Les actions japonaises ont succombé à la montée des inquiétudes concernant
l'économie mondiale et nationale en octobre. Malgré la faible exposition du
secteur financier nippon à la crise des crédits subprime, l'économie du pays
est extrêmement dépendante de ses exportations. Par conséquent, les signes de
ralentissement de l'activité économique dans le monde et l'appréciation
importante du yen ont semé un vent de panique sur les marchés. Les initiatives
concertées des ministres des finances et des banques centrales du G7 à la
mi-octobre n'ont pas rassuré les marchés. Les actions ont rebondi dans le
sillage des autres Bourses internationales fin octobre, saluant également la
baisse de 20 pb des taux d'intérêt japonais. Ce mouvement haussier a permis de
réduire les pertes, mais n'a pas empêché le marché de clôturer en forte
baisse
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| Japan Topix | -5,04% | -4,65% | -13,92% | -20,26% |
Obligations
Les obligations d'État ont continué à surperformer les actions et le crédit
en octobre, bénéficiant de l'extrême aversion au risque des investisseurs et de
la détérioration des perspectives économiques. Au cours du mois, le spread avec
les obligations d'entreprises s'est considérablement élargi pour atteindre des
niveaux inédits depuis la Grande dépression. Les marchés du crédit ont donc
enregistré les plus mauvaises performances de leur histoire, la demande en
émissions d'entreprises étant quasiment nulle. Sans surprise, les titres de
crédit de qualité ont surperformé les émissions les moins bien notées, et cela
s'est ressenti sur le marché du haut rendement, qui a également affiché des
rendements historiquement élevés. Les obligations indexées sur l'inflation ont
continué à sous-performer les obligations d'État nominales, alors qu'il
devenait de plus en plus évident que l'inflation allait décroître rapidement
dans un contexte de ralentissement économique prononcé.
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| JP Morgan Global Government all stocks | 8.84% | 9.28% | -1.34% | 0.54% |
Extrême Orient
Bien que l'économie de nombreux pays de la région offre une bonne résistance
et que les banques soient moins exposées aux créances douteuses que les bilans
des banques occidentales, les actions asiatiques ont été particulièrement
touchées par le mouvement de panique qui s'est abattu sur les places boursières
du monde entier. Après avoir fortement chuté en début de mois, les Bourses de
Russie et d'Indonésie ont dû suspendre provisoirement leurs cotations. Les
signes de ralentissement mondial se sont également fait ressentir en Asie. Par
exemple, les prix des logements à Singapour ont reculé pour la première fois
depuis plus de quatre ans. En Chine, la croissance du troisième trimestre s'est
tassée à 9 % en glissement annuel. Les marchés se sont particulièrement
inquiétés des chiffres de la production manufacturière, l'indice des directeurs
d'achats chinois affichant une baisse supérieure aux anticipations pour
atteindre 44,6 en octobre, contre 51,2 en septembre. Si ce chiffre passe en
dessous de 50, il signalera une contraction de l'activité. Les marchés de la
région se sont redressés pendant la dernière semaine du mois, dopés par les
baisses de taux des banques centrales locales (notamment en Chine et à Taiwan)
et par un accord entre la Réserve fédérale américaine et plusieurs pays
d'Extrême-Orient sur un programme d'injection de liquidités au moyen d'un swap
de devises.
| | Livre sterling | Euro | Dollar américain | Devise locale |
| MSCI Asia Pacific ex Japan | -16,67% | -16,33% | -24,46% | -18,71% |